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Carrelage sans joint : comment le poser ?

Traditionnellement, la pose de carrelage au sol ou au mur demande la réalisation d’un jointement qui permet de structurer l’ensemble. Pourtant, depuis quelques années, les joints assez larges de 5 ou 6 mm ne sont plus vraiment tendances. Les joints sont de moins en moins larges, et se pose même la question de la pose de carrelage sans joint. Toutefois, qu’entend-on réellement sous l’appellation de carrelage sans joint ? Carreler une pièce sans mettre de joint est-ce possible ? Dans quelles conditions, avec quels avantages et quels inconvénients. Voici une petite revue de ce qu’il est actuellement possible de réaliser.

poser du carrelage sans joint

L’utilité et la nécessité de mettre des joints

Contrairement à ce que l’on pourrait parfois penser, les joints de carrelage ont de nombreuses utilités, qui ne se limiten

t pas à rendre le sol imperméable et plus facile à nettoyer. En effet, les joints viennent compenser les dimensions de chaque carreau de carrelage qui, excepté pour des carreaux dits rectifiés, ne sont pas tous de taille identique. Sans joint, les différences, minimes soient-elles, entre chaque carreau seraient visibles.En outre, pour des installations avec sols chauffants, les joints maintiennent la structure globale et évitent la casse de carreaux face aux tensions exercées par la chaleur.Pour ces différents raisons, la pose d’un carrelage sans joint n’est pas permise. En effet, le Document Technique Unifié (DTU) et le Cahier des Prescriptions Techniques (CPT), qui prévoient les normes à respecter dans la construction en France, interdisent la pose de carrelage sans joint, dits à joints nuls, ou avec des joints inférieur à 2 mm.Pour une pose scellée, dans du ciment frais, en extérieur, les joints doivent donc être de 2 mm minimum pour des surfaces inférieures à 120 m² et de 5 mm au-delà. En intérieur, le joint doit être de 2 mm minimum. Pour une pose collée plus traditionnelle, les joint

s sont au minimum de 2 mm en intérieur, au sol ou au mur, de 3 mm en extérieur mural et de 5 mm en pose extérieur au sol.

Ainsi, lorsque l’on parle de carrelage sans joint, cela inclut en réalité deux possibilités :+

  • le carrelage à bord rectifié, avec donc un joint de 2 mm,
  • le carrelage clipsable, sans pose de joint, puisque celui-ci est absent ou intégré directement à chaque carreau.

Le carrelage sans joint

De nos jours, les joints plus fins sont favorisés car ils donnent un rendu final plus contemporain. Il est vrai que la finition semble meilleure. Pour cela, on utilise alors du carrelage à bord rectifié.

Pour comprendre la différence entre ce carrelage et un carrelage classique, il suffit d’étudier la fabrication des carreaux de carrelage. Ceux-ci étant cuits, il existe des variations entre eux à la sortie du four : tailles différentes, angles pas tout à fait perpendiculaire… Si l’on pose ce type de carrelage avec des joints très fins, toutes ces différences vont se voir d’autant plus, donnant une impression de mauvaise qualité.

De fait, pour permettre cet abaissement de la largeur des joints, le carrelage rectifié connait, après sa cuisson, une dernière étape, appelée rectification. Grâce à un disque au diamant, chaque carreau est de nouveau coupé afin de gommer toutes les imperfections. Ainsi, lors de l’achat, tous les carreaux sont identiques au millimètre près, ce qui permet une pose avec des joints de 2 mm.

Pour différencier à l’œil nu du carrelage classique d’un carrelage rectifié, il suffit le plus souvent de regarder ses angles. En effet, un carrelage classique aura des angles arrondis alors que les angles du carrelage rectifié seront droits.

Les inconvénients du carrelage sans joint

Si le carrelage rectifié donne un rendu bien meilleur, il possède quelques inconvénients. Dans un premier temps, il est à manipuler avec précaution. Lors de son transport, il peut assez facilement se casser, surtout au niveau des angles et des arrêtes. Attention également à ne pas se couper, ce qui arrive régulièrement.

Ensuite, le prix du carrelage rectifié est un peu plus élevé que celui d’un carrelage classique, pour la simple et bonne raison qu’il a subi une étape de fabrication supplémentaire. Toutefois, depuis quelques années, ce prix tend à baisser. Ainsi, un carrelage rectifié de bonne qualité coûtera en moyenne 25 € par m² pour des carreaux de taille classique de 40×40 cm.

A noter qu’en présence de chauffage au sol, il n’est pas possible de limiter les joints à 2 mm, même en utilisant du carrelage à bord rectifié. Des joints de 4 mm d’épaisseur sont au minimum nécessaires.

Poser du carrelage sans joint : comment faire ?

Poser du carrelage reste une opération plutôt simple. En effet, lorsqu’il est collé, il demande juste un peu de temps et de mortier. Par contre, lorsque l’on se lance dans la pose de carrelage avec un joint de 2 mm, il faut savoir que chaque écart minime dans la pose du carrelage va être très visible et va provoquer le décalage de toute la rangée. Du coup, si l’on souhaite réaliser cette opération sans l’aide d’un professionnel, il est nécessaire d’être très minutieux et de prendre son temps.

En outre, la chape sur laquelle le carrelage sera collé doit également être parfaite, sans variation, même minime, car tout défaut se retrouvera sur le rendu final.

Pour ces deux raisons, et même si les différentes étapes de pose du carrelage sont identiques à une pose classique, il est souvent préconisé d’avoir recours à un professionnel qui garantira le résultat final. Le coût horaire de ce professionnel, pour du carrelage rectifié, sera de 50 € environ de l’heure, soit 50% de plus que pour une pose de carrelage simple.

Le carrelage clipsable

Le carrelage clipsé peut également être considéré comme du carrelage sans joint. En effet, ce type de carrelage ne demande à aucun moment la pose de joints, soit parce que ceux-ci n’en possèdent pas, soit parce que le joint est inclus naturellement aux bords de chaque carreau.

Ce type de carrelage à clipser, qui n’existait pas il y a encore une dizaine d’année, arrive peu à peu dans les rayons de magasins spécialisés. Les avantages sont nombreux, notamment au niveau de la pose. En effet, ici, aucun mortier ou colle n’est utile, il suffit d’enchevêtrer les carreaux les uns dans les autres.

Ainsi, les personnes qui aiment changer de décoration régulièrement peuvent utiliser ce type de matériau qui est démontable, voire réutilisable après un déménagement.

Si ce type de carrelage est surtout apparu en utilisation extérieure, de nombreux modèles existent désormais pour les intérieurs. Suivant la qualité, ils incluent désormais pour la plupart un châssis dont le but est de renforcer l’ouvrage ainsi que, pour certains, un isolant acoustique, à la manière par exemple des isolants intégrés à certaines lames de sols stratifiés.

Les inconvénients du carrelage clipsé

Malheureusement, certains inconvénients sont à connaître avant d’opter pour des carreaux clipsé.

D’un côté, le prix de ce type de carrelage reste encore très élevé, aux alentours de 50 € par m² pour des modèles de milieu de gamme. Cela reste extrêmement cher comparé à du carrelage classique.

D’autre part, la solidité de l’ensemble n’est en aucun cas comparable à du carrelage collé ou scellé. En effet, sans mortier ni véritable joint, le carrelage clipsé est plus fragile et n’aura pas une durée de plusieurs dizaines d’années comme cela est possible pour du carrelage classique. D’ailleurs, l’usure sera sans doute plus visible sur du carrelage clipsé avec joints intégrés. De fait, il est intéressant d’acheter quelques carreaux supplémentaires qui pourront venir en remplacement des autres carreaux abîmés ou usés. Le remplacement se révèle en effet assez simple à réaliser.

La pose du carrelage clipsé

Contrairement au carrelage rectifié, poser du carrelage clipsé est un vrai jeu d’enfant. Pour qui a déjà posé un parquet flottant, poser du carrelage clipsé relèvera de la même logique. En effet, il suffit de placer les carreaux les uns à côté des autres, en clipsant les languettes dans les encoches, et en bloquant chaque pièce du puzzle grâce à un maillet et une cale de frappe.

Le premier carreau sera posé dans un angle de la pièce, en coupant préalablement les languettes mâles.

Il est nécessaire toutefois de prévoir des joints de dilatation aux quatre murs de la pièce, d’une largeur de 3 à 8 mm selon le carrelage. Ce joint de dilatation permet à ce dernier de bouger et de voir sa forme se modifier dans le temps et sous l’effet de la chaleur, sans détériorer l’ensemble de la structure.

Enfin, comme pour tout carrelage, la préparation de la chape sera éminemment importante. Le support doit être le plus lisse possible, bien nettoyé et dépoussiéré. Par contre, l’avantage du carrelage clipsé est qu’il peut être posé sur n’importe quel support, et pas seulement du béton. Ainsi, en poser sur un parquet, une moquette ou un lino est tout à fait possible, si le support est bien lisse à la base.

Ainsi, si le carrelage sans joint n’existe pas encore véritablement, des solutions existent pour limiter la présence des joints et offrir un rendu moderne et chaleureux !

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