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Béton banché : le guide

Très courante de nos jours, notamment dans la construction du sous-sol des immeubles ou de maisons individuelles sur des terrains en pente, la technique du béton banché n’est pourtant pas si récente. En effet, si des banches, c’est à dire des coffrages de construction, étaient utilisées dès la fin du XVIIème siècle, notamment dans les constructions en pisé, cette technique associée au béton, est apparue au début du XXème siècle. De nos jours, elle apporte de nombreux avantages, même si sa mise en place est compliquée, et est bien souvent réservée, pour les constructions qui dépassent la taille d’un muret, aux professionnels du BTP.

béton banché

Définition du béton banché

Le béton banché est un béton armé, composé de ciment, de sable et d’adjuvant. Plutôt que sa composition, c’est son procédé de mise en place qui lui donne toute sa particularité : en effet, il est coulé entre deux banches, c’est à dire deux supports verticaux, en bois ou en métal. L’épaisseur d’un mur en béton banché est habituellement comprise entre 15 et 25 centimètres. Dans tous les cas, le mur ne peut faire moins de 12 centimètres d’épaisseur.

En architecture, le béton banché a offert une réponse appropriée à certaines spécificités : d’une part, ce mode de construction permet simplement de construire des murs qui ne sont pas forcément droits, mais courbés ou cintrés. Il suffit d’utiliser des banches qui possèdent la même courbure que désirée. Il n’y a donc plus de limite dans les formes de murs que l’on peut obtenir.

D’autre part, le béton banché répond aux besoins de solidité des constructions dans des régions à risques sismiques ou sur des terrains pentus. En effet, le béton banché est antisismique et permet donc de solidifier la construction sur sa base. Il est donc actuellement principalement utilisé pour réaliser les fondations des édifices de plusieurs étages, au moins pour monter les sous-sols ou le rez-de-chaussée. On le retrouve aussi sur les terrains possédant des sols instables, en pente par exemple, car là aussi, il va donner une solidité dans le temps à la construction. Le béton branché sera ainsi plus efficace pour réaliser un mur de soutènement.

Les divers types de banches

Si la base de béton banché étaient l’utilisation de deux pans de bois ou métalliques, d’autres solutions, plus simples à monter, existent aussi actuellement.

Les banches classiques

Les banches classiques sont utilisées par paire, ce que l’on appelle alors un équipage de banches. Couler du béton banché demande de réaliser en une seule fois toute la hauteur du mur souhaitée. De fait, les banches classiques mesurent facilement plus de 2,50 mètres de haut, pour des largueurs qui varient cette fois-ci. Parmi ces banches classiques, on retrouve la banche lourde, très large, et qui est seulement transportable avec une grue. Pour remédier à cela, des banches modulaires existent également : plus petites et donc plus facilement maniables, elles évitent d’utiliser la location de la grue.

Les banches colisables

Leur nom rappelle l’édifice romain, bien connu pour être en cercle. En effet, les banches colisables sont des panneaux arrondis, permettant alors de monter des structures rondes ou ovales. Si leur utilisation reste très proche de banches classiques, elles ont la particularité d’avoir des longueurs fixe, basées sur une unité de 0,625 mètres. Ainsi, les modèles plus longs mesurent 1,25 m 2,50 m ou encore 3,75 m.

Les blocs à bancher

Les blocs à bancher offrent une alternative très intéressante aux panneaux. En effet, il s’agit de blocs creux que l’on va monter comme du parpaing, mais dans lequel on coulera du béton par la suite. Ce système a toutefois plusieurs particularité : d’une part, les blocs à bancher ne sont jamais montés jusqu’à la hauteur d’un étage, contrairement aux banches classiques. Sa limite de hauteur est fixée à 1,50 m. D’autre part, le mur de blocs est monté à sec, excepté dans des zones sismiques, où il est éventuellement collé. Évidemment, la structure est solidifiée par une armature en fer, comme pour chaque construction à base de béton.

Les blocs à bancher évitent donc l’utilisation de grue et permettent des chantiers plus simples. Par exemple, cette méthode peut être utilisée pour construire les parois d’une piscine ou un mur de soutènement.

On trouve plusieurs sortes de blocs à bancher, outre le bloc rectangulaire classique. Ainsi, le bloc courbe sert à monter des murs arqués, le bloc pilier permet de monter des piliers de portails en béton. Enfin, des blocs de jonction, composé d’un seul pan, est utilisé cette fois-ci pour réaliser un coffrage latéral.

Le bloc à banché STEPOC est sans doute le bloc le plus couramment utilisé. On le retrouve ainsi à la fois pour la création de bâtiments, de murs semi-enterrés et de piscines.

La méthode des blocs à bancher est intéressante pour les constructions de moindre importance, qui ne nécessite pas de faire un gros chantier avec une grue et de multiples murs à réaliser.

Les avantages et les inconvénients du béton banché

Le béton banché offre de nombreux avantages. Nous en avons déjà vu plusieurs, parmi lesquels sa résistance : en effet, le béton banché a des particularités d’étanchéité importante et de rigidité, d’où son utilisation sur des sols meubles ou dans des régions qui subissent des tremblements de terre. Ce sont ces qualités qui poussent les architectes à préférer le béton banché pour la base des grosses constructions, immeubles par exemple. En effet, bien réalisé, le béton banché ne risque pas de se fissurer avec le temps, malgré des conditions climatiques variables, de l’humidité ou des grosses chaleurs.

En outre, le béton banché est le béton qui a les meilleurs résultats en termes de réponses face à la déperdition thermique. Cela est rendu possible par la diminution de la densité du béton. Enfin, cette technique est idéale pour construire des murs de toutes formes, courbés notamment, sans difficulté.

Toutefois, le béton banché a aussi ses limites. Ainsi, s’il a des meilleurs résultats en isolation que les autres bétons, il faudra tout de même réaliser une isolation thermique, voire même phonique supplémentaires, à l’extérieur ou à l’intérieur du bâtiment, ce qui augmente le prix de la structure. On peut néanmoins noter que de nos jours, pour répondre aux normes d’isolation de plus en plus draconienne, se développent des bétons banchés composés d’argile ou de ponce, qui ont des vertus isolantes.

Le prix est d’ailleurs une des limites du béton banché : en effet, il est plus élevé que pour la réalisation du même mur en briques ou en parpaings, à cause des matières premières nécessaires mais aussi du mode de conception qui peut demander l’utilisation de grues ou d’appareils chers à la location.

La réalisation d’une structure en béton banché demande en outre de couler le béton en une seule fois. Si ce coulage est raté, avec par exemple la présence de bulles d’air ou d’un défaut, il faudra tout refaire. Cela rend son utilisation par un non-initié risqué.

Enfin, des doutes subsistent quant au vieillissement du béton banché. Pour de nombreux professionnels, ce type de construction vieillit mal.

Le prix du béton banché

Il est difficile d’estimer le coût du béton banché, car ce prix va dépendre de nombreux éléments, à commencer par la qualité ou les spécificités du béton que l’on va couler. Néanmoins, il est possible de donner quelques ordres de grandeur :

Un mur banché avec des banches classiques coûte environ 150 € hors taxes le m², même si, en fonction de la taille à réaliser, de la nature des matériaux et des conditions d’accès au chantier, ce tarif peut varier, s’établissant globalement entre 100 et 230 euros au mètre carré. Pour comparaison, le même mur en parpaing reviendra à 50 € au m². Si le chantier nécessite l’utilisation de grues et de panneaux de grandes tailles, plus la surface à réaliser sera grande, plus le prix moyen au mètre carré diminuera.

L’utilisation de blocs à bancher fait baisser le coût de la réalisation du mur, à environ 120 € par m². Mais encore faut-il que cela soit techniquement possible.

On le voit, le béton banché est cher mais est parfois nécessaire pour garantir la stabilité de l’édifice dans le temps.

Quel béton banché choisir ?

La technique du béton banché a donc beaucoup d’atouts. Mais encore faut-il trouver le bon béton à couler, en étudiant les caractéristiques du sol et les conditions météorologues de la région (écarts de températures, pluviosité). De fait, seul un professionnel pourra conseiller ou prévoir le bon béton à couler.

Outre le béton classique, deux types d’autres bétons sont couramment utilisés :

  • le béton autonivelant ou autoplaçant est un béton plus liquide, car composé d’adjuvants. S’il est facile à poser, il apporte une résistance supérieure à la structure, notamment dans les régions où l’humidité est plus importante. Il résiste également davantage aux incendies.
  • le béton fibré, comme son nom l’indique, comporte des fibres qui vont structurer davantage l’intérieur du béton une fois sec, limitant alors la présence de microfissures. Il peut même éventuellement remplacer la présence d’armatures en fer, dans certains cas très précis néanmoins.
  • le béton structurel et isolant : il s’agit du béton composé de granulats en argile ou en pierre ponce et qui a de très bonnes propriétés pour éviter les déperditions thermiques. Les différentes études menées sur le sujet estiment que ce type de béton permet une multiplication par trois des propriétés thermiques du béton.

Comment faire un mur en béton banché ?

Réaliser un mur en béton banché à l’aide de panneaux demande des connaissances approfondies. Ainsi, rares seront les particuliers à même de réaliser ce type de travaux qui demandent de respecter les étapes indispensables et de vérifier par la suite que le mur correspond bien aux attentes.

Ainsi, après étude de la structure nécessaire, la réalisation du mur se fait en suivant quelques étapes spécifiques :

  • avant de poser les banches, des semelles en béton armées doivent avoir été réalisées quelques jours plus tôt,
  • la première banche est positionnée et réglée afin d’être droit et à niveau,
  • la structure intérieure est mise en place : il faut ainsi prévoir les ouvertures, fenêtres et portes, intégrer les grilles de fer qui vont armer le béton, et prévoir notamment la semelle qui viendra relier le mur et le reste de la structure, pour les prochains étages ou pour la partie horizontale,
  • la seconde banche est également posée. Les deux sont liées et boulonnées l’une avec l’autre. Là encore, il est important d’utiliser des cales afin d’être certain du bon positionnement des deux panneaux. En effet, il sera trop tard une fois le béton coulé pour faire des réajustements,
  • il ne reste plus qu’à faire couler le béton. Ce dernier est laissé en phase de séchage plusieurs jours avant de retirer les banches.

Réaliser un mur grâce à des blocs à bancher est plus simple. Par exemple, pour monter un muret ou un mur de soutènement, on commence par creuser une tranchée de 25 centimètres de profondeur dans la terre. Celle-ci viendra recevoir des fers verticaux espacés de 17 centimètres. Les fondations peuvent alors être coulées.

Une fois ces fondations sèches, il n’y a plus qu’à monter les blocs à bancher, en les décalant les uns des autres, simplement en les posant, à sec. Des tiges en fer, deux par ligne, sont disposées horizontalement, le long de mur, et rattachées aux fers verticaux déjà pris dans les fondations. Enfin, lorsque tous les blocs sont positionnés, on place de chaque côté des arases en bois, c’est-à-dire des grandes planches de bois tenues par des serre-joints. Après une dernière vérification du mur, avec un niveau, le béton peut être coulé dans les blocs.

Ainsi, réaliser un muret avec des blocs à bancher est très simple. Attention néanmoins : si le mur dépasse la hauteur d’un mètre, mieux vaut demande conseil à des professionnels, afin de garantir que celui-ci résistera à la pression exercée par la terre qu’il est sensé maintenir.

S’il n’a pas que des avantages, le béton banché apporte donc un compromis intéressant en termes de solidité finale de la structure.



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