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Bruyère : plantation, culture et entretien

Dénommée couramment « bruyère  commune », Calluna Vulgaris, est un joli petit arbrisseau, unique en son espèce, de nature vivace et très rustique, au feuillage extrêmement fin et persistant, aux teintes diverses (vert, gris argenté, cuivré…) et aux fleurs simples ou doubles en forme de grelots de couleur blanche, rose, rouge ou pourpre. Ne cillant pas face aux perturbations climatiques, toujours égale à elle-même, la bruyère a d’autres qualités insoupçonnées, aussi le jardinier ne se privera pas de la planter en groupe où l’effet sera immédiat. En jardinerie, principalement à l’automne, on trouvera aussi des callunes teintées de jaune, vert, bleu ou orange pour garnir jardinières et massifs à exposition éclairée, ensoleillée, même semi-ombragée, là où le jardin perd de sa superbe et s’apprête à hiberner. On l’utilise aussi régulièrement à la Toussaint pour décorer les tombes de nos défunts.

On a trop souvent tendance à oublier que grâce à ses nombreuses variétés (plus de 600 différentes), les Calluna Vulgaris permettent de conserver un jardin fleuri pratiquement toute l’année. Rien de plus facile que de les installer dans un endroit où la plantation d’autres plantes a échoué car toutes les variétés de bruyères sont simples de culture, ne réclament aucun soin et sont vraiment autonomes : pas d’arrosage sauf à la plantation, pas d’entretien, pas d’engrais néfastes  à leur survie ; ces critères séduiront sans aucun doute les jardiniers débutants en quête de fleurir leur jardin rapidement et sans contraintes. Il suffira simplement de les planter dans une bonne terre de jardin, meuble et bien drainée, mandée de ‘terre de bruyères’ car elles poussent essentiellement dans les terrains au pH acide, au risque de les voir dépérir si cette condition n’est pas respectée.

Par contre, elles n’apprécient pas du tout les sols calcaires, que l’on reconnaît facilement à leur couleur blanche crayeuse, à la présence de coquelicots, d’euphorbes.. , tandis que les sols acides se caractérisent par la flore qui colonise le terrain tels que la fougère, la camomille romaine ou le rumex (appelé couramment ‘oseille sauvage’). Pour améliorer la teneur en acidité de votre terre de jardin, tapisser votre plate-bande de terre de bruyères et de feuilles mortes broyées qui apporteront l’élément nutritionnel indispensable aux bruyères. En cas de doute, analyser la terre de votre jardin en utilisant un kit d’analyse de sol vendu en jardinerie pour connaître la nature exacte du sol.

  • A l’automne, dès octobre, préparer le terrain en bêchant, éliminant herbes et cailloux puis les repiquer aussitôt achetées, ainsi elles pourront s’installer et colorer instantanément les plates-bandes, auges ou parterres. Les bruyères peuvent être accompagnées d’azalées, de cyclamens … qui ont la même exigence nutritive. En mélangeant les variétés, le jardinier sera assuré d’une floraison continue. En jardinières, sur le rebord d’une fenêtre, associées à des pensées, des graminées… jusqu’au printemps, elles apporteront une note fleurie.
  • Au début de l’hiver, étant très rustiques, elles résistent sans difficulté aux froids hivernaux (-20°C) gardant leurs feuilles et leurs fleurs. Tout l’hiver, elles continueront à remplir leur mission florale et colorée qui permettra aux amoureux des fleurs de patienter avant de pouvoir retourner au jardin.
  • Au printemps, après les affres de l’hiver, en avril-mai, il sera nécessaire de leur faire une petite remise en forme en les taillant très légèrement pour supprimer les fleurs fanées et les tiges dégarnies après leur floraison et ce, selon les variétés.
  • En été, dès le début de la saison, installer sans attendre les bruyères estivales qui prendront le relais des bruyères printanières dans un mélange terreux et acide, de préférence à la lumière, jamais en plein soleil car elles ne supportent pas les rayons directs du soleil.

bruyère

Quelle variété de bruyères choisir ?

Parmi les nombreuses variétés, trois  sont à retenir pour assurer une floraison quasi-annuelle, les bruyères d’automne, celles d’hiver et celles d’été, parmi elles, nos préférées :

Calluna vulgaris Hibernica Heather

Du rose pâle au rose soutenu, elle possède des feuilles peu ordinaires, opposées en forme de petites écailles sessiles (insérées directement sur l’axe) imbriquées sur 4 rangs telles les tuiles d’un toit, elle fleurira de novembre à décembre.

Erika carnea

Dite bruyère des neiges, séduisante par ses fleurs d’une blancheur extrême et ses étamines marron forment un joli contraste avec ses petites feuilles d’un beau vert foncé semblables aux aiguilles de sapins verticillées par 3/4 (disposé es en anneau au même niveau sur la tige) au port étalé, elle fleurira de novembre à avril.

Daboecia cantabrica

Blanche, rose ou lilas et son feuillage ovale lancéolé, vert franc, met en valeur ses fleurs qui semblent fragiles, elle fleurira de juin à octobre.

Il existe plus de 800 espèces de bruyères, le choix n’est pas le même selon la superficie du jardin, la région climatique où l’on se trouve et l’envie du jardinier, qui en plus de ces deux critères, se laissera tenter par la couleur des fleurs, le port érigé ou souple des bruyères ou par le feuillage qui peut varier du gris argenté au doré, et à la couleur rouille de l’automne selon la saison.

Bon à savoir

L’Arborea Lusitanica atteint une hauteur variant de 3 à 6m dans les régions chaudes, aussi faut-il disposer d’un très grand jardin. La Callune Alicia, quant à elle, ne dépasse pas les 40cm mais a la particularité de garder en permanence en boutons ses fleurs qui ne viendront jamais à maturité. Cette caractéristique permet à sa floraison de durer plus longtemps et de mieux résister aux intempéries.

Comment planter les bruyères au jardin et où ?

  • Faire tremper rapidement la motte dans un seau d’eau (2/3minutes) afin de décoller plus facilement la motte sans abîmer les racines avant la plantation et en tapotant en-dessous du pot retourné, la plante viendra facilement,
  • répandre une fine couche de terre de bruyères sur le terrain choisi pour que la terre aie bien un pH acide ainsi qu’au fond du trou (2 à 3 poignées) creusé assez largement et profondément,
  •  y déposer le plant de bruyère une fois que vous aurez démêlé un peu les racines,
  • combler le trou, le dessus de la motte doit être légèrement recouvert et arroser légèrement, les racines de la bruyère doivent rester libres, non emprisonnées par la terre humide qui pourrait s’y agglomérer tout autour et garderait plus d’humidité qu’il n’est nécessaire,
  • continuer ainsi la plantation en groupe en les espaçant de 20 à 30cm selon les variétés pour obtenir un effet assez recouvrant ou les espacer de 50 à 60cm pour un effet plus aéré,
  • pailler autour de la plante d’écorces de pins broyées ou autres, ceci évitera l’apparition de mauvaises herbes et gardera l’humidité sans arroser lorsque le soleil sera plus ardent.

En pleine terre

Les installer à l’automne, de septembre à début décembre, dans un emplacement lumineux où la coloration des feuilles sera plus intense et dans un endroit frais bien aéré, le vent ne les dérange pas. Les plantes auront ainsi le temps de s’enraciner avant les fortes gelées de l’hiver.

En potée

  • Au fond d’une jardinière, mettre une couche de billes d’argile ou de gravier pour faciliter le drainage, ce qui évitera que les racines baignent dans l’eau, ce qui leur serait fatal, retirer l’eau des soucoupes,
  • remplir à moitié la jardinière d’un mélange de terre de jardin et de terre de bruyères,
  • y déposer les bruyères et autres plantes telles que lierre, pensée… qui s’accordent parfaitement,
  • compléter de terre de bruyère sans tasser, les bruyères ont besoin de respirer,
  • arroser légèrement.

Conseil : sachant que la terre en pot se dessèche plus rapidement qu’en pleine terre, arroser lorsque le dessus de la potée n’est plus humide, de préférence avec de l’eau de pluie dépourvue de calcaire, sinon utiliser de l’eau du robinet que vous aurez laissé reposer toute une journée, le chlore s’en évaporera, ce qui sera bénéfique pour les plantations et l’eau sera moins froide, les plantes n’appréciant pas les chocs thermiques.

Quel entretien pour les bruyères ?

L’entretien des bruyères est quasiment nul une fois qu’on les a plantées dans un terrain acide bien meuble. La seule contrainte, si l’on peut dire, est leur taille qui prend assez de temps car elle demande de la minutie : effiler les tiges au-dessus du vieux bois, rameau après rameau, en avril-mai avant le réveil de la végétation. La pousse de l’année passée sera enlevée et le fait de la tailler tous les ans permet de garder un bel aspect et de s’assurer d’une belle floraison l’année suivante, le jardinier ne regrettera pas ses efforts. Pour gagner du temps, on peut utiliser une cisaille : la taille est beaucoup plus rapide.

Bruyère : la fiche d’identité

Appellation :  Bruyère, Calluna, Erika.

Famille  : Ericaceae.

Hauteur : 20/50 cm.

Situation : soleil ou mi-ombre – en terrain acide, bien drainé, terre de jardin mandée de terre de bruyères.

Floraison : juin à octobre / novembre à décembre / janvier à mai, selon les variétés.

Couleur  : des fleurs : blanc, rose, pourpre, lilas. / du feuillage : vert, gris, doré, bronze.

Plantation : automne ou été selon les variétés.

Espacement : ­60 cm.

Profondeur : le plant à ras du sol.

Semis  : très difficile à réaliser.

Entretien  : ne nécessite pas d’entretien lorsque le terrain a été bien préparé au départ.

Arrosage : à la plantation uniquement, par la suite, l’eau de pluie leur sera largement suffisante ou exceptionnellement le soir lors d’une période prolongée de sécheresse.

Culture en pot : ne pas laisser d’eau stagner dans les soucoupes et attendre que la terre du dessus soit bien sèche avant d’arroser. Si en posant le doigt sur le dessus de la terre, des particules s’y fixent c’est que la terre est encore humide, attendre encore quelques jours avant de procéder à un nouvel arrosage. Quand les bruyères en pot sont défleuries, vers avril-mai, les rempoter dans un pot de taille supérieure ; démêler sommairement les racines si elles ont pris trop d’importance et effiler les plus grosses pour permettre la naissance de radicelles qui favoriseront la reprise. Enlever aussi les pousses de l’année dernière pour une belle floraison.

Multiplication :

  • par prélèvement de rameaux non fleuris au sommet de la plante. Les repiquer en caissette dans un mélange de sable et de tourbe à installer sous-serre.
  • Par marcottage naturel : il arrive que des branches s’enracinent d’elles-mêmes dans la terre. Il suffit donc de soulever délicatement la partie enracinée, de la sectionner pour la séparer du pied mère, d’enlever les parties mortes de la tige et de replanter la bouture un peu plus loin puis arroser.
  • Par marcottage forcé : enterrer une partie d’une tige de la plante dans le sol en la maintenant par un petit crochet, un petit tas de terre qui alourdira la tige et restera en permanence sous terre ainsi des racines se formeront et d’ici quelques mois on pourra procéder à son repiquage.
  • Par division des touffes à l’aide d’une bêche ou d’un outil tranchant.

Conseils : pas de fumier animal, trop puissant, brûlerait les racines. Pas d’azote qui développe les feuilles au détriment des fleurs.

Maladies : champignon le phytophthora – traitement préventif : bouillie bordelaise. Si les plantes sont atteintes, les arracher immédiatement, les brûler pour que le champignon ne se propage pas ailleurs.

Parasites : cochenilles à boucliertraitement naturel : pyrèthre végétal. Chrysomèle lochmaea suturalis, petit coléoptère dévoreur de feuilles – traitement naturel : savon noir liquide (1 cuillère à soupe par litre d’eau) ou de solution à base de pyrèthre végétal.

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